• Petite mise au point sur le centre de soins et les animaux dits "nuisibles"

     

    Ce long message s’adresse à nos adhérents, à nos sympathisants, ainsi qu’à nos détracteurs

    Depuis 8 ans, le centre de soins se bat pour sauver de la mort des animaux sauvages en danger, pour les rendre à leur milieu et qu’ils y retrouvent leur place.

    Le verbe se « battre » a ici tout son sens puisqu’il s’agit en effet d’un véritable combat quotidien pour soigner et réhabiliter ces animaux, pour trouver des financements, pour sensibiliser le public à la protection de la faune sauvage et plus largement à celle de l’environnement. Certes, ce combat fait partie de notre mission et même s’il est souvent rude, nous le menons par conviction.

    Hélas, cela ne suffit pas puisque nous devons aussi perpétuellement nous défendre contre les attaques de ceux qui estiment que nos actions sont nuisibles à la nature, à l’agriculture et à la société toute entière.

    Un responsable d’une association de  « loisir en plein air » vient en effet de nous reprocher de relâcher des espèces nuisibles qui coûtent cher à la société puisqu’il faut subventionner ceux qui les détruisent.

    Des membres de cette même association se plaignent que nous relâchons trop de rapaces, ce qui nuit à leur petit gibier.

     

    Quelques mises au point s’imposent donc :

     

    En effet, nous accueillons et réhabilitons toutes les espèces de notre faune sauvage, hormis celles classées « invasives ».

    Parmi les espèces accueillies et réhabilitées, certaines sont classées « nuisibles » et nous ne faisons pas de différence avec les autres. Nous tenons à rappeler que dans notre société démocratique, le pire des criminels emprisonnés est soigné comme les autres s’il est malade ou blessé. Les animaux sauvages quant à eux ne commettent d’autres crimes que celui de lutter pour leur survie.

    Durant cette année 2014, nous avons accueilli au centre de soins 99 espèces d’oiseaux et mammifères qui totalisent à l’heure où sont écrites ces lignes 2525 individus très exactement.

    Ces individus se répartissent selon la classification suivante :

    -          Espèces protégées : 63 %

    -          Espèces très protégées inscrites en Liste rouge ou PNA (espèces en grand danger) : 18 %

    -          Espèces non protégées et/ou chassables : 16 %

    -          Espèces classées nuisibles dans notre département : 3 %

    Sur ces 3 % d’individus, tous n’ont pas survécu et n’ont donc pas été relâchés. Nous aurons les chiffres exacts début janvier lorsque les bilans d’accueils seront effectués, mais la moyenne générale tourne autour de 45 % d’animaux relâchés. Soit une trentaine d’individus « nuisibles » pour 2014.

     De quoi se nourrissent ces vilains nuisibles ?

    • Pies et corneilles : omnivores, opportunistes et extrêmement intelligentes, elles savent profiter de toute manne alimentaire : insectes, fruits, oisillons et, ce qu’il leur est reproché, semis de maïs au printemps, ce qui leur vaut d’être massacrées allègrement. Ce qui n’est jamais dit, c’est que ce sont de grosses prédatrices d’œufs et oisillons de pigeons ramiers, lesquels se reproduisent 10 mois sur 12 et occasionnent également des dégâts dans certaines cultures. Donc, moins de pies et de corneilles = plus de pigeons ramiers. 

     

    • Les fouines et les renards : majoritairement carnivores et un peu frugivores. Les renards se nourrissent pour 60 % de rongeurs, le reste étant constitué de ce qu’ils trouvent : petit gibier (en effet), cadavres divers, fruits… Les fouines, plus proches de l’homme en ce qui concerne leur gîte intègrent également des oisillons dans leur menu, mais ce sont aussi de grosses prédatrices de ce casse-pieds de surmulot mieux connu peut-être sous le nom de Rat gris et qui peut être bien enquiquinant dans nos bâtiments. Il leur est reproché de faire des dégâts dans l’isolation des habitations ce qui n’est pas faux.

     

    Maintenant, il leur est reproché aussi de boulotter des poules de temps à autre. Mais qui tient à ses cocottes leur doit un abri sécurisé contre ce type de prédation.

    Ce sont donc ces quelques animaux qui, parait-il, vous coûtent très cher à vous, les contribuables. En comparaison, les 2050 individus appartenant à des espèces protégées, voire menacées, qui ont été accueillis n’ont guère de valeur semble-t-il…

    Il est vrai que parmi ces espèces protégées il y a les rapaces diurnes et nocturnes « destructeurs de petit gibier » recueillis en grand nombre au centre : buses variables, faucons, éperviers, bondrées,  chouettes, hiboux …

    De quoi se nourrissent ces oiseaux ?

    Les bondrées apivores consomment essentiellement des couvains de guêpes. Les éperviers chassent les passereaux et les pigeons, principalement. Les pigeons ramiers étant très abondants (voire classés eux-mêmes « nuisibles » dans certains cas), on ne peut reprocher aux éperviers d’en prélever quelques uns.

    Les autres rapaces se nourrissent de quoi ? De mulots, souris, campagnols et surmulots, c'est-à-dire des petits ou moyens rongeurs représentés dans les proportions suivantes :

    -          Buses variables : 60 %  soit environ 180 à 200 rongeurs/mois

    -          Faucons crécerelles : 90 % soit 135/mois

    -          Chouettes et hiboux : proportions identiques aux faucons crécerelles

    Lorsque ces oiseaux élèvent leurs petits, le nombre de rongeurs prélevés est proportionnel au nombre de jeunes à nourrir. Jusqu’à 900/mois pour une famille de hulottes !

     

    Conclusion : ces oiseaux sont avant tout des régulateurs de rongeurs, donc, des alliés des agriculteurs. Bien sûr, ils consomment également s’ils le peuvent de jeunes lapins, surtout s’ils sont abondants et c’est tant mieux pour les cultures.

    Quel est l’autre petit gibier prélevé par les rapaces ? Les poussins de perdrix et les faisans ? Rares sont ceux qui se reproduisent. Les souches sauvages devenant rares la grande majorité de ces oiseaux provient d’élevages et est destinée à finir sous les plombs. Ceux relâchés dans un but de reproduction sont si « sauvages » qu’on les attire en secouant un seau de maïs. Dans ces conditions ils ont en effet peu de chance de perpétuer leur espèce dont la souche a d’ailleurs quasi disparu au profit de croisements divers.

    Heureusement, il existe de nombreuses personnes qui aiment et respectent la faune sauvage comme elle est, POUR ce qu’elle est, et soutiennent les combats menés en sa faveur, voire, y participent.

     

    Un grand merci à tous ceux qui nous aident !


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